Sourate El Houdjourate (Les appartements)

 

CORAN ET COMMUNICATION

 

La force de l’appel et de l’exemple

Cas : Sourate El Houdjourate

 Lecture comparée 

 

En voici une présentation classique de sourate, prise en tant qu'assemblage de verset et non un modèle structuré et parfait de lecture; Faites-vous la différence avec la présentation logique et traitée qui suivra après:

 49.1. Ô croyants ! N'anticipez pas sur les ordres de Dieu et de Son Prophète ! Craignez Dieu ! Dieu entend tout et sait tout.

49.2. Ô croyants ! Ne couvrez pas de votre voix celle du Prophète, et ne haussez pas le ton devant lui, comme vous le faites entre vous, si vous ne voulez pas perdre, à votre insu, le bénéfice de vos œuvres.

49.3. Ceux qui baissent la voix en s'adressant au Prophète sont ceux dont Dieu a éprouvé les cœurs pour y faire naître Sa crainte révérencielle. Ceux-là seront pardonnés et largement récompensés.

49.4. Ceux qui t'interpellent de l'extérieur de tes appartements manquent pour la plupart de savoir-vivre.

49.5. Il aurait mieux valu pour eux d'attendre que tu sortes à leur rencontre. Mais Dieu est Clément et Miséricordieux.

49.6. Ô vous qui croyez ! Si un homme pervers vous apporte une nouvelle, vérifiez-en la teneur, de crainte de faire du tort à des innocents, par ignorance, et d'en éprouver ensuite des remords.

49.7. Sachez que l'Envoyé de Dieu est parmi vous. S'il écoutait trop souvent ce que vous lui racontez, vous seriez aux prises avec de grosses difficultés. Mais Dieu vous a fait aimer la foi qu'Il a embellie dans vos cœurs, tandis qu'Il vous a fait détester l'impiété, la perversité et la désobéissance. Ce sont ceux-là les bien-guidés

49.8. par la grâce et la générosité de Dieu, car Dieu est Omniscient et Sage.

49.9. Si deux groupes de croyants en viennent aux mains, réconciliez-les ! Mais si l'un d'eux se montre intransigeant, combattez alors l'agresseur jusqu'à ce qu'il s'incline devant l'ordre de Dieu. S'il s'y conforme, réconciliez-les avec justice et impartialité, car Dieu aime les gens équitables.

49.10. Les croyants ne sont-ils pas des frères? Réconciliez donc vos frères et craignez Dieu, afin de mériter Sa miséricorde.

49.11. Ô vous qui croyez ! Ne vous moquez pas les uns des autres, car parfois ceux qui sont tournés en dérision valent mieux que ceux qui les raillent. Que les femmes ne se moquent pas non plus les unes des autres, car, là encore, les raillées sont parfois meilleures que leurs railleuses. Ne vous dénigrez pas et ne vous donnez pas de sobriquets injurieux. Quel vilain caractère que la «perversion» qui s'allie mal avec la foi ! Ceux qui ne se repentent pas sont les vrais injustes.

49.12. Ô croyants ! Évitez de trop conjecturer sur les autres, car il est des conjectures qui sont de vrais péchés. Ne vous épiez pas les uns les autres ! Ne médisez pas les uns des autres ! Lequel d'entre vous voudrait manger la chair de son frère mort? Non ! Vous en auriez horreur ! Craignez donc Dieu ! Il est Indulgent et Miséricordieux.

49.13. Ô hommes ! Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle, et Nous vous avons répartis en peuples et en tribus, pour que vous fassiez connaissance entre vous. En vérité, le plus méritant d'entre vous auprès de Dieu est le plus pieux. Dieu est Omniscient et bien Informé.

49.14. Les nomades affirment : «Nous croyons en Dieu !» Dis-leur : «Vous n'avez pas encore la foi ! Dites plutôt : “Nous nous sommes seulement soumis”, car la foi n'a pas encore pénétré dans vos cœurs. Mais si vous obéissez à Dieu et à Son Prophète, Il ne vous lésera en rien dans vos œuvres, car Dieu est Clément et Miséricordieux.»

49.15. Les vrais croyants sont ceux qui ont foi en Dieu et en Son Prophète, sans plus jamais connaître de doute, et qui mettent leurs biens et leurs personnes au service de Dieu. Tels sont les croyants sincères.

49.16. Dis-leur : «Allez-vous apprendre à Dieu votre religion, alors qu'Il connaît tout ce qui est dans les Cieux et sur la Terre? Dieu n'embrasse-t-Il pas de Sa science toute chose?»

49.17. Ils te rappellent leur conversion à l'islam comme si c'était un service qu'ils t'auraient rendu. Dis-leur : «Ne vous targuez pas ainsi de votre conversion. Ce serait plutôt à Dieu de vous rappeler la grâce qu'Il vous a faite en vous guidant vers la foi, si toutefois vous êtes sincères.»

49.18. Dieu connaît parfaitement le mystère des Cieux et de la Terre, et Il a une claire vision de tout ce que vous faites

 

Présentation traitée et modélisée

Six Appels

et Deux dires, deux réponses

 

En voici maintenant une présentation traitée  

Il est connu que le Coran d’inspiration médinoise est surtout basé sur la technique de l’appel à l’endroit des croyants « ô vous qui ont cru! » ou du prophète « ô toi, prophète ! », ainsi que de l’exemple ou de l’interrogation, suivie de la réponse.

 Il est rare que vous puissiez trouver une sourate médinoise sans qu’elle ne contienne dans ses versets, au moins un appel dans ce sens, suivi d’un ou de plusieurs exemples. S’agissant à titre illustratif des appels à l’endroit des croyants, les exégètes ont dénombré quatre vingt huit (88) appels, répartis sur la plupart des sourates médinoises. Ils sont autant de repères qui permettent sinon d’encadrer la sourate en entier, du moins de contribuer à la structurer logiquement dans une grande partie.

Grâce à ces appels, on peut justement encadrer huit sourates qui débutent par un appel, notamment par « ô vous qui ont cru ! » ou « ô toi, Prophète ! ». Ces sourates qui sont aussi bien assez courtes, moyennes que longues, sont : « Les Femmes », « La Table », « Le Pèlerinage »,  « Les Coalisés », « Les Appartements», «L’Eprouvée », « Le Divorce » et « L’Interdiction », A elles seules, ces sourates forment une dizaine de hizb soit le 1/6 du Coran. L’appel constitue ainsi un moyen principal d’apprentissage, de rappel, de communication tout simplement extraordinaire, en permettant de servir à une structuration du texte coranique aussi bien dans la langue d’origine que dans les langues de traduction et d’interprétation comme nous allons le montrer dans l’exemple de sourate « Les appartements ».

Souvent, il est couplé à un autre moyen de communication, l’exemple qui aide à mettre sur place une structure logique du texte. Ainsi, l’apprentissage du Coran n’est plus une affaire d’apprentissage par cœur, mais surtout d’analyse, d’intelligence et de classification logique. L’apprentissage moderne doit s’acheminer obligatoirement dans cette direction, si on veut redonner au Coran la place et la splendeur qui sont les siennes.

Le célèbre islamologue français, Jacques Berque avait prédit dans son commentaire sur le Coran que la recherche coranique devrait s’acheminer vers une analyse logique du texte révélé. Avant lui, le père de la méthodologie moderne en Islam, Malek Ben Nabi avait écrit «Le Phénomène  coranique » pour appeler à une relecture du texte coranique pour sortir des cercles des encyclopédies à l’infinie difficiles à approcher qui au lieu de faciliter l’accès au texte coranique, ont un effet inverse en éloignant le lecteur et notamment le profane. Le Coran en tant que lettre et message divin renferme en lui ses propres moyens de communication. Nous  croyons fermement.

 Développement :

 En voici un exemple concret celui de sourate El Houdjourate qui grâce à l’appel et à l’exemple peut-être structurée à la perfection. Comme son nom l’indique, elle est d’une architecture modèle. Sourate El Houdjourate est en effet structurée en deux parties :

 

            Première partie : Six appels

Elle est basée sur la technique de l’appel et en renferme six qui jettent les principes de base de la vie dans une cité musulmane. A remarquer que les appels en tant que technique principale communicative, sont suivis par des ordres et des affirmations en tant que technique secondaire permettant d’encadrer le texte coranique à la perfection. C’est pour cela que nous les mettons en exergue en tant que repères importants.

  1. Les deux premiers lancés à l’endroit des croyants (O vous qui ont cru) jettent le fondement de la religion,  se rapportent respectivement au respect de la religion, (v. 01) et celui du Prophète (02-05).
  2. Les troisièmes, quatrièmes et cinquièmes également s’adressant aux croyants, définissent les bases des relations entre les croyants, ont trait à la crédibilité de l’information (06-08) et la nécessité de réparer le tort en cas de désinformation aux conséquences graves (09-10), le respect des gens entre eux et des femmes entre elles (11) et l’interdiction des soupçons et des médisances (12).

Le sixième qui, lui, s’adresse aux gens en général, concerne la relation en cas de paix, entre les croyants et les autres peuples sur la base du respect de la personne humaine, sans distinction de race, de sexe et de religion. (13).

En voici une reprise de traduction mettant en exergue cette architecture, basée sur les appels pour la première partie instituant les fondements de la cité en Islam et la présentation d’un cas de comportement à éviter, car nuisible à la civilisation. On a :  

  

Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux

 « O vous qui ont cru ! Ne devancez pas Dieu et son envoyé (dans vos décisions) ! Craignez Dieu ! En vérité, Il entend et sait tout. (01)

 « O vous qui ont cru ! N’élevez pas la voix au dessus de celle du Prophète et ne haussez pas le ton en lui parlant, comme vous le faites entre nous, de peur que vos bonnes actions ne deviennent vaines, sans que vous vous en doutiez. (02)

En vérité, ceux quiparlent à voix basse devant l’envoyé de Dieu sont ceux dont le cœur a été éprouvé par Dieu en vue de la piété. Ils obtiendront le pardon de leurs fautes et une immense rétribution. (03)

 En vérité, ceux qui t’appellent de  l’extérieur de (tes appartements) ne sont dans leur majorité des gens aisonnables 14)                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                    raisonnent )

S’ils prenaient patience jusqu’à ce que tu sortes vers eux, cela vaudrait mieux pour eux. Mais Dieu est très clément et très miséricordieux. (05)

 

«  O vous qui ont cru !

Si un dépravé vous ramène une nouvelle, vérifiez sa véracité, de crainte de faire tort à des gens par ignorance et d’avoir un beau matin, à regretter ce que vous avez fait ». (06)

 Sachez que si l’envoyé de Dieu, qui est parmi vous, vous obéisse en beaucoup de chose, vous seriez aux prises avec des difficultés. Mais Dieu vous a fait aimer la foi, en la rendant belle dans vos cœurs, et vous faisant détester la mécréance, la dépravation et la désobéissance. Ceux-là sont les biens guidés. (07)

C’est une grâce de Dieu et une bonté. Dieu est savant et sage.(08) 

 

-Si deux groupes parmi les croyants se déclarent la guerre, arrangez entre eux. Mais si l’un d’eux se livrent à des exactions contre l’autre, combattez celui qui a agi injustement jusqu’à ce qu’il s’incline devant l’ordre de Dieu. S’il s’y incline, arrangez entre eux avec justice et soyez équitables car Dieu aime ceux qui sont équitables. (09)

En vérité, les croyants ne sont rien moins que des frères. Arrangez donc entre vos frères et craignez Dieu pour que vous puissiez mériter sa miséricorde. (10)

 

"ô vous qui ont cru ! Ne vous moquez pas les uns des autres car il se peut ceux qui sont tournés en dérision, vaillent mieux que les railleurs. Que les femmes ne se moquent pas les unes des autres, car il se peut que celles qui sont tournées en dérision vaillent mieux que les railleuses. Ne vous calomniez point et ne vous donnez pas de sobriquets les uns des autres. Quel vilain mot que perversion, lorsqu’on a déjà acquis la foi. Ceux qui ne se repentent pas sont des injustes. (11)

 

 ô vous qui ont cru ! Abstenez-vous de vous livrer aux conjectures sur autrui car il est des suppositions qui sont des péchés. N’espionnez point et ne médisez pas les uns des autres. Lequel d’entre vous voudrait manger la chair de son frère mort ? C’est ce que vous en auriez horreur, n’est-ce pas ! Et craignez enfin Dieu ! En vérité, Dieu est très clément et très compatissant.(12)

 

ô vous les Hommes ! Nous vous avons créés d’un mâle et d’une femelle et nous avons fait de vous des peuples et des tribus. En vérité, le plus noble d’entre vous auprès de Dieu est celui qui est le plus pieux. En vérité, Dieu est omniscient et bien informé. (13)

 

Deuxième Partie : Deux dires, deux réponses : 

La deuxième partie obéit à une autre logique communicative puisque elle renferme deux dires de la part des gens « a’arabs », qui signifie bédouins incultes, à ne pas confondre avec arabe, qui voulaient imposer leurs comportements et influer sur le Prophète (Prière et Salut soient sur lui), suivis chaque fois de la réponse pour repousser leur prétention et les corriger.

.

1e prétention : Pas question d’imposer ses points de vue ou sa prétention

Ce dire ou prétention est suivi de deux réponses (dis)

« Les aârabs ont dit qu’ils avaient cru. 

« Dis : Vous ne croyez pas. Dites plutôt : Nous nous étions soumis ! car la foi n’a pas pénétré vos cœurs et si vous obéissez à Dieu et à son envoyé, il ne vous lèsera en rien dans vos mérites. En vérité, Dieu est très clément et très compatissant.» (14)

En vérité, ne sont croyants que ceux qui croient en Dieu, à son envoyé, puis ne doutent point par la suite, luttent, corps et biens, pour la cause de Dieu. Ceux-là sont les véritables croyants. » (15)

 « Dis : Allez-vous d’apprendre  à Allah, votre religion, alors qu’il connaît ce qui est dans les cieux et sur la terre! Dieu est au fait de toute chose.» (16)

2e dire : Pas de surenchère.

 « Ils te rappellent comme une faveur, leur conversion à l’Islam. »

« Dis : Ne me rappelez point votre conversion à l’Islam. C’est, plutôt,, Dieu qui vous en rappelle en vous ayant guidés vers la foi, si toutefois vous êtes sincères.» (17)

En vérité Dieu connaît le mystère des cieux et de la terre. Il a une claire vision de ce que vous faîtes. » (18) 

 

Conclusion :

 Dans sourate El Meida (la Table), le verset 67, sous forme d’appel adresse à l’endroit du Prophète : Ô toi, prophète ! Communique ce qui t’a été révélé de ton Seigneur… » Tous les musulmans en général, les savants en particulier témoignent que le Prophète, (Prière et Salut sur lui), a entièrement rempli sa mission. A son tour, il nous a demandé de communiquer au moins un verset dans la vie..

 Grâce aux techniques de l’appel et de l’exemple comme on vient de le voir, il est permis de mieux apprendre, d’assimiler, de se rappeler et de communiquer des sourates entières avec rapidité et efficacité. C’est pourquoi la recherche scientifique en vue d’exploiter les techniques modernes de communication dans le Coran permettra aux générations future de mieux approcher le texte coranique et d’ouvrir à l’apprentissage du Coran des horizons immenses et inédits. Ceci y compris dans la langue de traduction et d’interprétation comme on vient de le constater. 

 

 


 

 

 

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site